Nouveau bâtiment hôpital Sainte-Périne

Texte et Dessins

Images

CGA SAINT PERINE 01
CGA SAINT PERINE 02
CGA SAINT PERINE 03
CGA SAINT PERINE 04
CGA SAINT PERINE 05
CGA SAINT PERINE 06
Lieu Paris
Maître d’ouvrage AP-HP / Assistance Publique-Hôpitaux de Paris
Surface 17.300 m2
Budget 41.100.000 €
Programme

260 lits dédiés aux pathologies du grand âge, cuisine centrale, laverie, pharmacie.

Équipe

Celnikier & Grabli Architectes
Lazo & Mure Architectes, mandating agent
Igrec ingénierie, BET
Éléments Ingénieries, HQE
CICAD, OPC
Impedance, BET
Bruno Fortier, urban planner

Le besoin

En permettant le transfert des activités actuellement assurées sur le site voisin de Chardon-Lagache qui sera ainsi libéré, et le redéploiement de lits aujourd’hui hébergés dans d’autres groupes hospitaliers de l’assistance publique, cette importante restructuration patrimoniale inscrit l’hôpital à long terme dans l’offre de soins de l’ouest parisien, avec la création de 260 lits, d’une cuisine centrale et de l’ensemble de la logistique qui sert l’hôpital dans son ensemble. Le projet médical et d’humanisation des conditions d’accueil des personnes âgées permettent de redéfinir les organisations existantes vers une meilleure prise en charge de la maladie d’Alzheimer et apparentées.
L’hôpital vise à offrir aux patients un programme individualisé de réhabilitation cognitive et comportementale, au sein d’une architecture adaptée, par une équipe multidisciplinaire dédiée aux soins et à l’accompagnement. La conception du bâtiment doit, au travers de ses espaces, répondre à la double prise en compte des besoins de soins et de lieux de vie, favorisant une meilleure prise en charge pour les usagers et leurs familles tout en prolongeant au mieux l’autonomie des patients.
Les médecins en charge du projet étaient moteurs dans la considération du rôle thérapeutique de l’espace, et notamment l’importance pour les patients de la déambulation, les aidant à se décharger d’une partie du stress propre à leur condition. Cela aura été un élément essentiel de conception du plan des unités médicales.

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Le contexte

L’hôpital se trouve à proximité de l’église Notre-Dame d’Auteuil, dans le seizième arrondissement de Paris. Il jouxte un parc urbain de cœur d’ilot, qui s’il appartient à l’assistance publique, est laissé à l’usage des Parisiens.

Le terrain était, comme souvent, très serré pour accueillir l’ensemble du programme, dans le respect des nombreuses réglementations urbaines, doublées des contraintes relatives aux espaces verts protégés dont fait partiellement partie le site de l’hôpital. Mais la qualité paysagère de ce morceau du 16ème arrondissement était telle, qu’elle allait entrer de toutes parts dans le projet.

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The medical project and the humanisation of the conditions for the reception of elderly people will enable the existing organisations to be redefined towards better care for Alzheimer's disease and related disorders. The hospital aims to offer patients an individualised cognitive and behavioural rehabilitation programme, within an adapted architecture, by a multidisciplinary team dedicated to care and support. The design of the building must, through its spaces, respond to the dual needs of care and living spaces, favouring better care for users and their families while prolonging the autonomy of patients as much as possible. The doctors in charge of the project were the driving force behind the consideration of the therapeutic role of the space, and in particular, the importance for the patients of walking around, helping them to relieve some of the stress specific to their condition. This was an essential element in the design of the medical units.

Intentions et solutions

La conception du plan, travail patient et attentif, repose ici sur une conviction intangible quand il s’agit de patients dont c’est, pour beaucoup, la dernière demeure : toutes les chambres devaient bénéficier du paysage urbain, aucune ne devait être enfermée dans un patio. Il fallait coûte que coûte leur restituer un véritable lien avec la vie citadine, le parc, les enfants qui s’y retrouvent après les classes, et la rue où prédominent les platanes de grande hauteur, qui se mêlent aux arbres du site voisin de Chardon-Lagache.

Cette intention fondatrice explique le plan ; les façades se démultiplient pour obtenir un grand linéaire de façade nécessaire à l’éclairement et aux vues des chambres, tout en préservant l’ensoleillement des quelques bâtiments voisins, pour aboutir – en plan – à une forme faisant penser à un papillon.

La partie la plus fine du plan, la rencontre des deux ailes, est le palier d’arrivée d’étage. Un palier suffisamment étroit pour être naturellement éclairé, et disposer de vues sur le paysage au point d’avoir la sensation qu’il le traverse. Un palier dont les qualités de confort et d’aménité rassurent les familles qui viennent visiter leurs aïeux, et apaisent les équipes médicales sujettes à la tension si caractéristique des établissements ayant trait à la fin de vie. Les équipes médicales des deux ailes sont proches l’une de l’autre, au centre pour rayonner, avec un lien visuel au travers des terrasses d’étage où elles peuvent se retrouver pour une pause. Bien que non demandé au programme, un jardin sur le toit vient coiffer l’établissement. La sécurité des patients âgés, qui n’ont souvent plus la faculté de se retrouver dans un lieu, rend les sorties difficiles, sans compter les risques d’égarement, voire de fuite involontaire. Le jardin sécurisé sur le toit, largement végétalisé, apporte un lieu d’usage en rapport avec le ciel inestimable au séjour des patients et de leur famille.

The thinnest part of the plan, the meeting of the two wings, is the landing. A landing that is narrow enough to be naturally lit, and to have views of the landscape to the point where it feels as if it is passing through it. A landing whose qualities of comfort and convenience reassure the families who come to visit their loved ones while relaxing the medical teams who are subject to the tension so characteristic of establishments dealing with the end of life. The medical teams of the two wings are close to each other in the centre so as to radiate, with a visual link through the floor terraces where they can meet for a break.

Although not requested in the programme, a roof garden tops the establishment. The safety of elderly patients, who often no longer have the ability to find their way around, makes it difficult for them to leave the building, not to mention the risk of wandering off or even escaping unintentionally. The secure roof garden, with its extensive vegetation, provides a place of use in relation to the sky that is invaluable to the stay of patients and their families. The proposal was adopted from the outset by the client, and we were able to find the optimisations that made it possible to achieve it.

The design of the facades simply underlines the functional and spatial plan of the building. Long, sinuous ribbons of natural white brick protrude to provide sun protection and privacy for the rooms on the lower levels. The recessed windows alternate with a dark ochre pleated metal cladding, accentuating the slenderness of the white brick. On the ground floor, the metal becomes dark grey, to mark the horizontality of the upper floors in counterpoint to the sloping street to the north and the hills of the park to the south.