Construction du Pavillon de la France à l'exposition universelle de Dubaï 2020

Texte et Dessins

Images

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Lieu Dubaï, Emirats-Arabes-Unis
Maître d’ouvrage Comité Français des Expositions
Cofrex
Surface 4.300 m2
Budget 14.000.000 €
Programme

Salles d’exposition, pôle boutique, salle de conférence et restaurant

Équipe

BESIX, mandataire

Atelier Perez Prado, architecte associé

Boa Light Studio, éclairagiste

OTE ingénierie, BET

OTELIO, BET

ALTIA, BET

Photographie Dany Eid, Farel Bisotto
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Le besoin
Concevoir le pavillon français pour l’exposition universelle, même avant d’apprendre que le projet avait emporté l’adhésion du jury, est à la fois un grand honneur, et une immense responsabilité. Mais aussi un projet comme les autres, où il est toujours question de responsabilité à l’égard de la collectivité accueillie, et d’honneur de la servir aussi bien que possible. Concernant l’exposition universelle, la différence tient à la résilience de l’architecte alors qu’il fait face à l’histoire des expositions, face aux œuvres de ses aînés ; il y a la tour Eiffel (1889), et de grands noms de l’architecture parmi lesquels L. Mies van der Rohe (1929), A. Waterkeyn, A. et J. Polak (1958), R. Buckminster Fuller (1967), S. Calatrava (1992), A. Siza (1998), pour ne citer qu’eux.
Garder la tête froide pour rester concentré sur l’objet de la demande, un pavillon à la fois symbolique et pratique, universel et utile, tel a été le premier défi.
Le lancement du concours était antérieur à la pandémie qui allait accélérer la prise de conscience – temporaire ? – de l’inscription des hommes dans un monde fragile. La demande était déjà qu’il puisse être démonté puis réutilisé, qu’il soit aussi vertueux que possible, dans les limites tout de même du budget alloué.
Si on devait résumer la demande programmatique du pavillon, le public attend environ quarante-cinq minutes en extérieur pour une visite d’un quart d’heure. Par ailleurs, un étage institutionnel, pour l’accueil des délégations officielles, est demandé au moins à douze mètres de haut pour bénéficier d’une vue lointaine sur le site de l’exposition. Ces deux axes sont à la genèse du projet.

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Le contexte

Il se résume à cela : le désert. Chaud, lumineux, parfois brouillé d’une brume de sable plutôt que de vapeur, des conditions suffisamment hostiles pour que les dubaïotes vivent quasi systématiquement dans des espaces clos et climatisés.

Intentions et solutions
Comment représenter l’universalisme à la française – au risque de l’oxymore - tout en répondant au programme ? Même sans programme la question pouvait être intimidante. D’autant plus qu’elle recèle une multitude de réponses, toutes valables et certaines contradictoires. Première obligation, protéger le public du soleil accablant. L’étage institutionnel demandé en hauteur est placé à quinze mètres du sol, sur un unique niveau pour qu’il s’étale et constitue une ombrière monumentale, à l’échelle des 25.000 personnes attendues quotidiennement. Pour accueillir la foule, les espaces d’exposition et les boutiques du rez-de-chaussée sont condensés au sud-ouest du terrain, libérant un vaste parvis ombragé, puisque protégé. La porte d’entrée du pavillon est en fond de parvis, inscrite dans le plan frontal qui ferme le site, et empêche également le soleil direct d’échauffer les corps. Faire de la place et protéger, voilà le message qui émane du pavillon, un message accessible à tous, qui peuvent en bénéficier sans même entrer dans les espaces d’exposition. Le public est accueilli par un grand espace protecteur, bien avant de franchir la porte du pavillon. La façade et la sous-face de la grande nef ouverte sont à contre-jour ; une peau enveloppante, faite de nuances d’un métal qui se décline sous plusieurs finitions, pour une perception changeante et dynamique selon le point de vue et la lumière ambiante.


Le projet lumière, conçu en même temps que l’architecture avec notre partenaire BOA Light Studio, vient épouser ce support à contre-jour, considérant que si le jour est particulier selon le pays et le climat, la nuit est elle universelle. Ce sont 25.000 points lumineux qui tapissent les deux plans orthogonaux, supports de sensations lumineuses plutôt que de narrations figuratives. L’architecture de lumière aboutit à un résultat profondément immersif et enveloppant pour le visiteur, qui éprouve littéralement les reflets et vibrations de la lumière naturelle superposées à la vibration colorée qui anime les leds selon une programmation qui marque les temps universels qui jalonnent l’exposition : le coucher du soleil, les solstices et équinoxes. Encore une attention qui relie les peuples par la lumière.
Ainsi, l’expérience visiteur commence dès la file d’attente par une immersion sensorielle universelle, ressentie par tous, quelle que soit sa culture ou son origine. En termes fonctionnels, l’organisation en plan répond littéralement à une gestion de public de masse. Le rez-de chaussée est conçu par le flux du public ; un dispositif de marche en avant permet d’enchaîner l’entrée depuis le parvis, la visite des expositions et la sortie au travers des boutiques qui débouchent directement sur la « concourse road », la grande allée ombragée qui sillonne l’ensemble de l’exposition.

Le public institutionnel dispose quant à lui d’une entrée dédiée. Les délégations montent directement au belvédère où se trouvent l’ensemble des fonctions de réceptions, qui se déclinent entre salons et bureaux, autour d’un auditorium de 200 places. La situation en promontoire offre une vue spectaculaire.
En définitive, nous avons sciemment choisi de nous écarter de la tentation du design « d’objet architectural » au profit de la conception d’un vecteur d’immersion sensible, avec la lumière pour matière première, et la dimension des vides pour mesure.